Il est des moments dans une vie, et peu importe l'age que l'on a à ce moment, ou l'on ne peut s'empêcher de jeter un œil en arrière. Non pas en termes de regrets, mais de nostalgie.
Je pense particulièrement au moment ou j'ai pu, un jour, me regarder en face et dire "je suis homosexuel". A la mesure d'une vie d'homme, ce n'est pas si lointain, mais cela parait pour moi aujourd'hui une éternité. Les choses évoluent tellement vite, paraitrait il que l'on s'en rend moins compte à mesure que l'on avance en age. J'attends de voir ça.
C'est intéressant de revenir sur ce genre de souvenirs, surtout pour une personne de mon genre, qui aime à tout décrypter, analyser, décortiquer.
Intéressant aussi dans le sens ou, dans mon cas, je n'arrive pas à déterminer si cette acceptation s'est faite en un bloc, ou par à-coups.
Un peu des deux je pense.
En vérité, ce fut une sorte de fulgurance d'à-coups, précisément placés la au bon endroit, au bon moment, ou peut être cherchais-je cet endroit, et ce moment. Whatever.
Il y eut d'abord cette série, Queer as Folk, qui à tous les points de vue artistiques me semblait médiocre : scénario téléphoné, réalisation faussement moderne, rôles caricaturaux...
Mais voilà bien l'exemple très énervant, pour qui aime les choses pré-établies, d'une œuvre libératrice (elle le fut pour moi en tous les cas).
Voilà que j'avais en face de moi ce sur quoi je n'osait même poser une appellation : homosexualité.
Je me souviens du premier épisode et de la bouffée d'oxygène que j'ai ressentie à ce moment. Plus que physique : viscéral.
Il y eut aussi et surtout un blogeur, Nicolas, dont la liberté de ton et d'esprit me subjuguait.
Je me souviens dévorant chacun de ses billets, attendant impatiemment les nouveaux.
Je doute qu'il puisse vraiment réaliser à quel point son travail a pu faire partie intégrante de ma construction, et pour être honnête, j'aime autant qu'il ne s'en rende jamais compte.
Je tenais tout de même à lui faire ce clin d'oeil.
évidemment, il y eut aussi un garçon, mais je ne me sens pas de me livrer à ce point là, et pas tout de suite.
(Ce genre de phrase, ça s'appelle "fidéliser la clientèle" : si vous êtes un peu curieux, et je suis sur que vous l'êtes, vous reviendrez me voir me répandre sur ces méandres cybernétiques !).
vendredi 6 juin 2008
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